La villa gallo-romaine de Séviac : mosaïques de l’École d’Aquitaine
La villa gallo-romaine de Séviac, à Montréal-du-Gers, a été occupée pendant près d’un millénaire. Elle est renommée pour ses mosaïques, posées entre le dernier tiers du IVe siècle et la première moitié du Ve siècle, dont la mosaïque aux arbres, réalisée vers 420-440. Elle est classée monument historique depuis 1978.

Repères
| Époque | Gallo-romain : du Haut-Empire au Haut Moyen Âge |
|---|---|
| Dates de construction | Villa construite au IIe siècle, restructurée dans le dernier tiers du IVe siècle ; mosaïques posées du dernier tiers du IVe siècle à la première moitié du Ve siècle |
| Protection | Villa classée par arrêté du 28 mars 1978 ; partie nord et vestiges classés par arrêté du 3 février 2014 |
| Architecte | Non renseigné |
| Commune | Montréal-du-Gers |
| Adresse ou situation | Séviac, Montréal-du-Gers, à une douzaine de kilomètres d’Eauze |
Retrouvez tous les monuments protégés du département dans le tableau des monuments du Gers.
Près de mille ans d’occupation
Le site occupe un plateau à 135 mètres d’altitude, au confluent de l’Auzoue et de l’Argentans, à une douzaine de kilomètres d’Elusa, l’antique Eauze. Dès le milieu du Ier siècle, un modeste local s’y installe. Une villa est construite au IIe siècle, agrandie au fil du temps, puis restructurée dans le dernier tiers du IVe siècle.
Le christianisme s’implante dans la région au début du VIe siècle et un baptistère est construit. L’ensemble perdure en partie tout au long du VIe siècle, toujours occupé par un aristocrate. Au VIIe siècle, quelques maisons s’élèvent dans les ruines. Du VIIIe au XIe siècle, les ruines servent surtout de lieu d’inhumation, avec une église et une nécropole.
Les mosaïques de l’École d’Aquitaine
Séviac est renommée pour un ensemble de mosaïques que les spécialistes rattachent à l’École d’Aquitaine. Polychromes, à trame d’abord géométrique puis végétale, elles couvrent les espaces de réception et de circulation. La mosaïque aux arbres, réalisée vers 420-440, est l’une des plus tardives de la villa. Elle se trouve dans la salle de réception orientale, qui couvrait environ 240 m² au Ve siècle, et son motif sort de l’ordinaire.
Les mosaïques sont restaurées à partir des années 1990. En 2016, la société SOCRA, basée à Périgueux, est mandatée pour la restauration durable, et en 2018 près de 625 mètres carrés ont retrouvé leur éclat. Remises en place, elles sont protégées des intempéries par une structure de 2 070 mètres carrés à toiture translucide.
Le plan de la villa
Après sa reconfiguration à la fin du IVe siècle, la villa se développe autour d’une vaste cour-jardin de 30 mètres de côté, entourée de galeries à colonnade et de pièces de tailles et d’usages variés. Les pièces domestiques sont au nord. Le côté sud mène aux thermes, qui dépassaient 500 m² au début du Ve siècle : de part et d’autre du frigidarium, on distingue la salle tiède, le tepidarium, et la salle chaude, le caldarium, chacune avec un bassin.
Les fouilles ont livré des chapiteaux de pilastre en marbre pyrénéen réalisés vers 420-440, une tête en marbre d’environ 400, des fragments de statuettes et des objets du quotidien : lampes à huile, clous, outils, poids de métier à tisser et fibules.
Objets et expositions
Parmi les trouvailles figure un orteil en bronze de cinq centimètres de long, pesant 390 grammes, considéré comme un élément d’une statue monumentale. Découvert en 1910, il a depuis disparu, et la statue n’a pas été retrouvée. Plusieurs objets, dont une tête en marbre et des fragments de statuettes (une Vénus anadyomène et un putto), ont d’abord été exposés à Montréal-du-Gers.
Les fouilles
En 1868, l’abbé Monnier, curé de Labarrère, fouille le site et découvre une mosaïque. Des fouilles sérieuses ont lieu avant la guerre de 1914-1918, puis le lieu tombe dans l’oubli jusqu’à la fin des années 1950. En 1959, Paulette Aragon-Launet, membre de la Société archéologique du Gers, relance les fouilles, une bêche à la main. En 1961, elle dirige la campagne qui dégage l’aile ouest. Elle fonde en 1966 l’Association pour la sauvegarde des monuments et sites de l’Armagnac, propriétaire du site, où des fouilles ont lieu chaque été de 1967 à 1997. Depuis 2003, le site appartient à la commune de Montréal-du-Gers, et la villa fait partie depuis 2008 du pôle archéologique Elusa Capitale Antique.
Carte : Villa gallo-romaine de Séviac et ses voisins
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À voir dans les environs
| Lieu | Par la route | Type |
|---|---|---|
| Fourcès | 7,8 km, 11 min | Village |
| Larressingle | 13,8 km, 18 min | Village |
| Eauze | 14,9 km, 19 min | Village |
| Château de Cassaigne | 19,2 km, 23 min | Monument |
Les villages sont décrits sur la page Villages du Gers.
Questions fréquentes
Où se trouve la villa de Séviac ?
À Montréal-du-Gers, sur un plateau au confluent de l’Auzoue et de l’Argentans, à une douzaine de kilomètres d’Eauze.
Que voit-on à Séviac ?
Des mosaïques de l’École d’Aquitaine, dont la mosaïque aux arbres de vers 420-440, le plan d’une villa organisée autour d’une cour-jardin de 30 mètres de côté et des thermes.
Qui a relancé les fouilles de Séviac ?
Paulette Aragon-Launet, membre de la Société archéologique du Gers, en 1959. Elle a dirigé en 1961 la campagne qui a dégagé l’aile ouest.
La villa de Séviac est-elle protégée ?
Oui. La villa est classée par arrêté du 28 mars 1978, et sa partie nord par arrêté du 3 février 2014.
Pour aller plus loin : les monuments protégés du Gers, la carte du patrimoine du Gers et les circuits en voiture par pays gascon.
Sources : Wikipédia (article « Villa gallo-romaine de Séviac », CC BY-SA 4.0), base Mérimée (notice PA00094879, Licence Ouverte 2.0), consultés le 19 octobre 2026. Distances par la route : OSRM, données © OpenStreetMap contributors.
