La cathédrale Sainte-Marie d’Auch : vitraux, stalles et orgues
La cathédrale Sainte-Marie d’Auch est un édifice gothique flamboyant, fortement influencé par la Renaissance : ses fondations ont été creusées le 4 juillet 1489 et elle a été consacrée le 12 février 1548. Elle abrite 18 verrières d’Arnaud de Moles, achevées en 1513, et une centaine de stalles sculptées. Elle est classée monument historique depuis 1906 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998.

Repères
| Époque | Gothique flamboyant et Renaissance ; façade et porche d’ordre corinthien de la fin du XVIIe siècle |
|---|---|
| Dates de construction | Fondations le 4 juillet 1489, consécration le 12 février 1548, deux derniers étages des tours de 1672 à 1680 |
| Protection | Classée monument historique par arrêté du 30 octobre 1906 (chœur classé dès 1862). Inscrite à l’UNESCO en 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle |
| Architectes | Plusieurs maîtres d’œuvre se succèdent, dont Jean de Beaujeu (mort en 1568), Pierre Levesville et Pierre Miressou |
| Dimensions | Environ 102 m de long sur 35 m de large, voûtes à 26,6 m, tours de 44 m |
| Commune | Auch |
| Adresse ou situation | Ville haute d’Auch |
Retrouvez tous les monuments protégés du département dans le tableau des monuments du Gers.
Un chantier de deux siècles
La cathédrale actuelle succède à une longue série d’églises. En 845, l’évêque Taurin II fait bâtir une église dédiée à sainte Marie. L’église romane qui la remplace est consacrée le 12 février 1121. L’archevêque Arnaud Aubert entreprend la reconstruction en 1371, et les travaux reprennent en 1429, puis en 1483 avec François de Savoie.
Le 4 juillet 1489, les fondations sont creusées. Le parlement de Toulouse impose en 1487 de prélever des revenus de l’archevêché pour payer le chantier. Les pierres viennent des carrières de Duran, près d’Auch. Les vitraux sont achevés en 1513 et l’église est consacrée le 12 février 1548, le même jour que la première consécration de 1121.
Le chantier ne s’arrête pas là. La voûte du chœur est confiée à Pierre Levesville en 1617, et les voûtes des nefs et du transept à Jean Cailhon en 1629. Pierre Miressou signe en 1670 le contrat des clochers définitifs, et le sculpteur François Auxion réalise les bas-reliefs de la façade entre 1677 et 1680. Il a donc fallu environ deux siècles pour achever l’ensemble.
Les 18 verrières d’Arnaud de Moles
Les vitraux d’Arnaud de Moles sont réalisés entre 1507 et 1513. Le dernier, la Résurrection, porte la date de pose du 25 juin 1513 et la signature du maître verrier. Encore marqués par l’art du Moyen Âge, ils participent de la Renaissance et passent pour les plus beaux de cette période. L’historien de l’art Émile Mâle écrivait que « pour l’ampleur de la pensée aucun travail de cette époque n’égale les vitraux d’Auch ».
Ils occupent toutes les chapelles du déambulatoire, à l’exception de celle du Saint-Sépulcre. Trois vitraux racontent des scènes : la Création et le Péché au début du parcours, la Croix du Christ au centre, la Résurrection à la fin. Les autres montrent des patriarches, des prophètes, des apôtres et, détail surprenant, des Sibylles de la mythologie gréco-romaine. Les trois verrières de la chapelle Saint-Louis ont été restaurées de décembre 2017 à mars 2019 par deux ateliers de maîtres verriers.
Le chœur, ses stalles et la mise au tombeau
Le chœur forme presque une église dans l’église : 33,80 m sur 11,80 m, fermé à l’est par le retable monumental de Pierre II Souffron et sur les trois autres côtés par les stalles. Les colonnes du retable sont en marbre noir veiné de blanc, venu de la carrière d’Izaourt.
Les stalles, en chêne dur, sont au nombre de 112 ou 113 selon les décomptes. Les travaux commencent vers 1510 et s’étalent sur plus de quarante ans. Les noms des auteurs sont inconnus, sauf le dernier, le sculpteur toulousain Dominique Bertin, qui termine les aménagements en 1552-1554. On y compte pas moins de 1 500 motifs différents : scènes bibliques, vies de saints, mythologie, faune, flore et bestiaire fantastique.
La chapelle du Saint-Sépulcre garde une Mise au tombeau du début du XVIe siècle. Joseph d’Arimathie y tient la tête du Christ et Nicodème ses pieds, devant la Vierge soutenue par saint Jean. L’œuvre a été attribuée à Arnaud de Moles à cause de la parenté des visages.
Orgues, cloches et crypte
La cathédrale possède deux orgues. Le grand orgue de tribune, œuvre de Jean de Joyeuse, est terminé en juin 1694. Oublié au XIXe siècle, il a échappé à l’adaptation à la musique romantique. Le musicologue Norbert Dufourcq le retrouve silencieux mais intact en 1932. Une restauration commencée en 1994 lui rend son son d’origine, et l’instrument est inauguré le 9 octobre 1998. L’orgue de chœur est dû à Aristide Cavaillé-Coll, à la demande de l’archevêque Antoine de Salinis.
La sonnerie compte neuf cloches de volée. Le bourdon, fondu en 1853, pèse 6 750 kg et donne un mi grave : il fait partie des dix cloches au son le plus grave de France, plus grave que celui du bourdon de Notre-Dame de Paris. La crypte, de plain-pied avec la cour de l’ancien archevêché, a été profanée en 1793. Elle abrite le tombeau de saint Léotade, un sarcophage mérovingien en marbre blanc des Pyrénées, et ceux de saint Austinde et de saint Taurin.
À voir sur place
La cathédrale s’ouvre par cinq portails : trois à l’ouest et un à chaque extrémité du transept. Elle compte 21 chapelles. Le parcours classique mène de la façade et du porche aux vitraux du déambulatoire, puis au chœur et au grand orgue. L’escalier monumental, qui descend de la place voisine vers la ville basse, prolonge la visite.
Carte : Cathédrale Sainte-Marie d’Auch et ses voisins
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À voir dans les environs
| Lieu | Par la route | Type |
|---|---|---|
| Escalier monumental d’Auch | quelques minutes à pied | Monument |
| Pavie | 6,1 km, 10 min | Village |
| Montaut-les-Créneaux | 12,9 km, 22 min | Village |
| Barran | 16,1 km, 22 min | Village |
Les villages sont décrits sur la page Villages du Gers.
Questions fréquentes
Quand la cathédrale Sainte-Marie d’Auch a-t-elle été construite ?
Les fondations de la cathédrale actuelle ont été creusées le 4 juillet 1489 et l’édifice a été consacré le 12 février 1548. La façade et les clochers datent de la fin du XVIIe siècle.
Qui a réalisé les vitraux de la cathédrale d’Auch ?
Le maître verrier Arnaud de Moles, entre 1507 et 1513. Le dernier vitrail, la Résurrection, porte la date du 25 juin 1513.
Que montrent les stalles du chœur ?
Environ 1 500 motifs différents : scènes bibliques, vies de saints, mythologie, faune, flore et bestiaire fantastique. Elles s’étalent sur plus de quarante ans, à partir de 1510 environ.
La cathédrale d’Auch est-elle classée ?
Oui. Elle est classée monument historique par arrêté du 30 octobre 1906 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.
Pour aller plus loin : les monuments protégés du Gers, la carte du patrimoine du Gers et les circuits en voiture par pays gascon.
Sources : Wikipédia (article « Cathédrale Sainte-Marie d’Auch », CC BY-SA 4.0), base Mérimée (notice PA00094702, Licence Ouverte 2.0), consultés le 19 octobre 2026. Distances par la route : OSRM, données © OpenStreetMap contributors.
